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Niflheim – Personae

Le 25 septembre 2011 posté par METALPSYCHOKILLER

Line-up sur cet Album


Aurore Gautheur : Chant
Clara Danchin : Violon
Hicham Taoufik : Guitares
Sébastien Le Bruchec : Basse
Emmanuel Chouart : Batterie

Style:

Heavy Métal Folklorique

Date de sortie:

Mai 2011

Label:

Auto Production

Note du Soilchroniqueur (MetalPsychoKiller) : 6,5 / 10


La difficulté de concilier le Metal actuel et le Folk ne date pas d’aujourd’hui. Dès le début des seventies, alors que le net n’était qu’un fantasme utopique, la presse écrite présentait alors deux fleurons distincts et complémentaires pour ces deux tendances musicales. « Rock & Folk » d’un coté, et de l’autre « Best » pour le hard rock qui allait bientôt connaitre son heure de gloire planétaire à travers les Scorpions, AC/DC et consorts. N’empêche que trois décennies plus tard les veines musicales rivales sont devenues de plus en plus interdépendantes…

Et donc, bienvenue dans la taverne de Molly des franciliens de Niflheim ! Ces derniers, -trois garçons et deux (charmantes !) jeunes filles-, vous proposent un univers reflet de leurs diverses influences personnelles que l’on pourrait « étiqueter » comme un maelstrom de Metal/Folk/Rock/Pagan. Vous trouverez par exemple dans une liste non exhaustive, des guitares saillantes lâchant leurs riffs et leurs leads se répondant, des mélopées de violons entrainants, des lignes vocales féminines claires et limpides, et surtout de la gouaille et de l’entrain. Un « Fantasy world » àl’image de l’artwork cover réussi (Kanthesis Artworks) prenant et ne le partageant qu’avec une certaine forme de candeur, voir de naïveté désinvolte (à l’exemple du refrain de Holy Mushroom : « Sorry, sorry »)…

Le ressenti immédiat sera conforté après maintes écoutes pour ne pas rester sur un sentiment à chaud. « Personae » foisonne d’envie et d’idées mais manque de maturité. Une genèse que l’on pourrait qualifier de « pas totalement aboutie » qui séduit toute à la fois par sa fraicheur et chagrine néanmoins par certaine maladresses. Ne jetons pas la pierre néanmoins à cette première autoproduction tant le combo ne manque pas de potentiel, d’atouts, et que cette première pierre à l’édifice est intéressante à maints égards. Quoique au final assez rustique et brut de décoffrage.

L’omniprésence de la guitare du sieur Hicham se pavanera ainsi par exemple en fer de lance de la mélodicité concoctée avec une certaine et fâcheuse tendance à écraser le reste de l’instrumentalisation… Voir même le timbre assez exquis de la chanteuse Aurore. Les temps forts seront malgré tout légions, telle la divine intro de « Holy Mushroom », qui sans s’afficher dans le OOmpah a cependant des allures de Metal/Folk/Pagan qui vont faire se trémousser les trolls festifs. Les violons vous accrochent indéniablement, tout comme le refrain (précité) qui fera sourire à la première écoute avant de s’ancrer de manière indélébile en vous et vous entendre le fredonner continuellement. Le break et la prestation des six cordes avant la dualité avec le violon seront du grand art, indéniablement, et à mon sens le titre le plus abouti. « Deep » et son groove jazzy, « Spirits » et la dualité des voix déployée par le lyrisme de la frontwoman, un sautillant syncopé épileptique treizième guerrier au cœur judicieusement lacéré par les violons et les guitares -et repris en avant dernière plage en version symphonique- seront autant de tracks réussies et dignes d’intérêt. « The Blacksmith » et ses monstres et ogres, assénant son break arabisant, tirera aussi correctement son épingle du jeu avant que l’essoufflement ne surgisse et ne distribue plus le plaisir qu’avec parcimonie.

La triplette « Watery Grave », « Birth Of Succubus », « Sailing South » se révèlera trop inconsistante, linéaire, et manquant de prise de risques à défaut d’originalité pour emporter l’adhésion. Alchimie difficile à concocter certes, mais que Niflheim maitrisera pourtant de bout en bout sur les trois titres clôturant leur opus. Le meilleur doit être gardé pour la fin dit-on, et bien l’adage pourra être pris dans les deux sens sur ce Personae tant « Happy Drunk Friend » est surprenant et hors des sentiers battus tellement sillonnés d’une part. Et de l’autre la version symphonique du 13 th Warrior, en rajoutant un nappage emphatique et épique, est une pièce de premier choix. Ne restera qu’à caller en bonus un ancien titre que tous les fans de la première heure de Niflheim connaissent : Molly’s Tavern !

Pour résumer, cette première offrande -distribuée par Red Rivet Records au Japon- est plus que prometteuse quoique son étalage de qualités se trouve amenuisé par une production moyenne et surtout des erreurs de jeunesse tel ce coup de pompes dans la tracklist. Cette dernière aurait pu (du ?) être épurée d’un ventre mou durant lequel on s’ennuie quelque peu contrairement à toutes les autres plages qui se révèlent séduisantes. Pour un coup d’essai, les coups de maitres encerclent les coups d’épée dans l’eau ; gageons que nos franciliens sauront les éviter pour leur second album. Au vu des promesses et potentiels affichés je serai enclin à me mouiller en pariant qu’ils éviteront ces écueils…

Myspace : http://www.myspace.com/niflheimmetal
Site Internet : http://www.niflheim.org/

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