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Mother & Pearl – Psycho Thrill

Le 14 octobre 2017 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Mathieu Coulon : Batterie / Chant
  • Olivier Coulon : Guitare Lead
  • Michel Franchi : Basse
  • Jean-François Aragon : Guitare Rythmique

Style:

Heavy Metalcore Prog

Date de sortie:

1er Septembre 2017

Label:

Brennus/Symbol Music

 
Note du SoilChroniqueur (SlyTale) : 9/10

 
THEY ARE BACK !!! THEY ARE BACK bordel à cul !

Oui alors, désolé, mais l’excitation a pris le pas sur les formules de politesse d’usage. On n’est pas des bêtes ! Metalleux, oui ; sauvages, à n’en point douter ; mais rustres et malpolis, non !

Bonjour mes amis, donc… J’espère que vous vous portez comme des charmes et que cette journée vous apportera son lot de satisfactions. Et si vous vous sentez un peu faibles sur vos appuis, si vous sentez peser sur vous le poids des ans et/ou des responsabilités diverses et variées inhérentes à votre vie trépidante, alors remerciez-moi, car ce bon vieux Docteur Sly vous a dégoté ZE remède qui va bien. Un traitement à base de gros son, de riffs tranchants, de vocaux déchirés, de soli transcendants… bref, un traitement basé sur l’excellence dont la posologie peut allègrement être dépassée sans autre risque que de rendre complètement obsolètes le Viagra, le Modiodal ou la cocaïne. Le nom de ce remède miracle ? Psycho Thrill, des laboratoires M&P (pour Mother & Pearl).

Vous ne connaissez pas M&P ? C’est un tort. Alors permettez votre serviteur de vous éclairer.
Mother & Pearl est un groupe lyonnais, qu’il est difficile de classer dans un style en particulier. Prenez pour base le Metalcore, pour le côté hargneux et rageur des vocaux. Ajoutez une bonne grosse dose de Groove Metal pour la lourdeur des riffs, un soupçon de Thrash par ici, une pointe de Black par là, vous couvrez le tout d’ un son énorme, digne des plus grosses productions de Metal actuel, et vous obtiendrez un album somptueux, qui prend aux tripes, qui vous donne autant envie d’aller vous battre à mains nues avec la saloperie de pitbull de votre voisin qui vous gueule dessus tous les jours, que de sauter à l’élastique depuis un hélicoptère. Ce Psycho Thrill est capable de vous faire vriller autant que son prédécesseur, Inner Voice sorti en 2013, ce qui n’est déjà pas rien tant le premier skeud des Lyonnais était une tuerie, mais en mieux. En plus carré, en plus efficace, en mieux maîtrisé, bref avec une dose d’expérience acquise qui transpire par tous les pores du nouvel opus.

Déjà au niveau du chant. Mathieu (ah oui, rappelez-moi qu’il faut que je vous raconte une anecdote à ce propos), qui officie en tant que batteur également sur l’enregistrement (et quel batteur en plus !) a fait des progrès manifestes. Pour commencer, on ne peut plus lui reprocher d’avoir un accent français prononcé (éventuellement, on pourrait relever ce léger problème d’accent sur les parties vocales d’Olivier, mais c’est pas dramatique et puis j’aime bien sa voix, elle me rappelle un peu celle de Lambert, le chanteur de Lugh dans ce côté orgueilleux et un peu arrogant). Mais surtout, ce qui est à souligner, c’est qu’il (Mathieu pour ceux qui ont du mal à me suivre) a fait des progrès importants dans sa capacité à faire passer des émotions. La folie, la colère, la tristesse (la joie pas trop quand même, c’est pas particulièrement un sujet de texte chez M&P), la peur… tout y passe avec une puissance qui confine à la noblesse. Et comme cette voix est soutenue par un une musique qui, elle aussi, dégueule autant de testostérone qu’Eugène, le personnage pas du tout fin de Marsault (breum !), soit ça vous donne une patate d’enfer et vous allez y régler son compte à c’te saloperie de clebs du voisin, soit ça vous tabasse le cortex, grille vos neurones au barbecue et vous vous sentez poussez des couilles suffisamment lourdes pour aller faire le pitre dans un hélico.

Eh oui ! Parce que ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il y a du balèze derrière ! Une fois n’est pas coutume, j’aimerais mettre le bassiste à l’honneur. Michel, il me fait un peu penser à Jason Newsted période Metallica, besogneux, dur au mal, qui te tient la baraque avec une classe discrète. Et pourtant, quand tu l’écoutes, tu te rends compte qu’il sait alterner les parties matraquées et les passages qui respirent, qu’il est toujours sur la bonne ligne au bon moment, et qu’il domine son instrument avec une classe immense. « Michel, c’est du lourd ». Ce slogan, que je laisse à votre disposition (mais je pense que vous n’en ferez rien, il est nul) ne reflète même pas assez que si cet excellent Psycho Thrill a autant de relief, c’est en grande partie grâce à lui. Et comme sa basse a le son qu’elle mérite, c’est que du bonheur.

Et c’est là que les grattes rentrent en jeu ! Jean-François d’abord (que je me permets d’appeler Jef, vu que lui-même m’y autorise – enfin je crois), guitariste rythmique de son état, évolue un peu dans les mêmes sphères que Michel, à savoir celles du travailleur de l’ombre, qui n’attire pas la lumière parce qu’il l’a créée. Passant sans sourciller des riffs lourdissimes pesants et étouffants comme un ostéopathe bien en chair qui pèse de tout son poids sur votre pauvre dos bloqué (pouf ! pouf ! désolé, private joke, l’ostéo se reconnaîtra peut-être – en plus il m’a vraiment soulagé et au lieu de le remercier je le vanne. J’ai honte !), à des passages bien plus vénères qui arriveraient à insuffler suffisamment d’énergie à un ado en week-end pour qu’il se lève avant midi et file un coup de main sans rechigner pour rentrer le bois. Celles et ceux qui ont un ado savent de quoi je parle. Les rythmiques sur cet album sont soit hyper carrées, précises et méchantes, soit un peu plus floues, bancales, malsaines, mais toujours aussi méchantes. La complémentarité entre le Mathieu batteur, Michel et Jef saute aux oreilles et on ne peut que reconnaître qu’on a droit à une assise rythmique foutrement efficace.

Et pour finir on a Olivier, frère de Mathieu, qui officie en tant que deuxième chanteur et guitariste soliste. Deux constatations sont évidentes et immédiates : il chante bien plus que sur le premier album (il a de vrais longs passages de chant, c’est pour ça que je le vois plus comme un deuxième chanteur qu’un backing vocals) et il chante bien mieux. Sa voix est assez singulière, son accent est peut-être un peu à revoir (franchement c’est pas la mort du petit cheval non plus), mais il apporte surtout une vraie plus-value au groupe en permettant aux morceaux de s’oxygéner, et en leur donnant un relief que sa guitare, à force de soli techniquement très costauds à ma gauche et de mélodies sous-jacentes mais très inspirées à ma droite, renforce encore plus.

Bref, du tout bon à tous les étages, y compris à celui du son (enregistrement au studio Noisefirm à Ambérieux en Bugey dans l’Ain, mastering au studio Kohlekeller au sud de Francfort en Allemagne) et du visuel (pochette réalisée par Danielle Tunstall, qui passe pour une sommité dans le monde de la photographie horrifique).

Et l’album en lui-même alors ? Parce que pour un tiercé gagnant, il faut des bons musiciens (ça c’est bon, on les a), une bonne production (là encore c’est bon), mais aussi (et surtout) de bons titres. Sont-elles bonnes alors, ces chansons ? Sont-elles cohérentes entre elles ? Font-elles de cet album un incontournable que vous vous devez d’avoir quel que soit votre Metal de prédilection ? Oui. Et comment !

En douze chansons et quarante huit minutes, Mother & Pearl passe en revue le large panel de son savoir-faire avec un brio et une hargne époustouflante. « Psycho Thrill », par exemple. Le titre éponyme qui ouvre l’album est une pure merveille. Un joyau de brutalité, une intro en mode je-te-tabasse-l’arrière-du-crâne, un couplet à vous arracher la tête, un refrain qui fait monter d’un cran la très grosse pression qu’ils vous ont balancé d’entrée dans la gueule, qui ne redescend ni avec le solo à fond de balles ni avec le troisième couplet qui est relié au solo par une transition aussi rapide qu’efficace. Pas de chichis. Pas l’temps ! Tu prends ton pied au cul qui fait trembler jusqu’à tes grands ancêtres, le morceau se termine avant que t’aies eu le temps de reprendre ton souffle et te laisse là, pantelant, les oreilles hagardes, sans te laisser savourer le fait que ce morceau est aussi bon que « Dextermination », le meilleur titre de leur premier album. Ça commence fort. Et à ce petit jeu, y a que deux options : soit la suite de l’album n’est pas à la hauteur, parce que les mecs ont tout donné dès le début, soit ils sont en très grande forme et le reste de l’album est du même acabit.
Eh ben la réponse c’est qu’ils sont en très grande forme. « Renegades » est une tuerie qui virevolte entre mélodique, Metal limite indus, avec une voix qui déborde d’émotions dans le désespoir hurlé de Mathieu où la voix de psychopathe d’Olivier. Et puis alors ! Cette sensation de se faire charger par un char d’assaut sur le solo ! Du grand art !
Alors tout s’accélère. Les deux premières chansons n’étaient que des amuse-gueules destinés à vous ouvrir l’appétit avant « Two sided Man » qui commence sur un arpège qui n’est pas sans rappeler « Sweet Child o’ mine » des Guns n’ Roses, mais pas longtemps je vous rassure ! Ou alors du G n’R joué par Rob Zombie. Le mélange est plus qu’intéressant (pas innovant mais très intéressant), et c’est sur une ambiance lourde – limite doom – que vient se poser le chant angoissant à souhait d’Olivier, dont l’on note les progrès accomplis dans ce domaine depuis Inner Voice. Tout comme Mathieu du reste, qui sort une partition particulièrement savoureuse, sinon de haut vol (avant le solo… pfiouuu !). Un morceau magistral (on dira rien pour la pompe du break de « The Voice » de Vae Viktis de 3’56 à 3’59, hop ! Je la glisse…) sur le thème de l’alcoolisme qui se termine dans la délicatesse d’une masse qui te tombe sur le crâne. Et si tu n’as ni question ni remarque sur ça (ou sur autre chose), alors tu enchaînes avec « Remember the Noise » (référence, bien entendu à « Remember the Silence » de leur premier album) qui te laisse un peu reprendre ton souffle avec un riff un peu de traviole, juste histoire de te déséquilibrer un peu avant de repartir sur du matraquage consciencieux de tes dernières résistances, si toutefois tu avais réussi l’exploit de ne pas être encore complètement conquis par les trois premières chansons. Un couplet qui pilonne, un refrain qui plane, l’alternance parfaite qui conduit au solo puis au passage en arpège avec une voix féminine (en allemand ou langue avoisinante, Jef me l’a dit mais j’ai oublié, je lui reposerais la question à l’occasion) lancinante qui, pour le coup, ne laisse plus planer aucun doute sur la référence à « Remember the Silence ».
« Sin and Love », quant à elle, est une chanson que j’ai sous-estimée pour une raison que j’ai oublié tellement je me suis posé la question de savoir comment j’avais pu passer à côté de ça en première écoute (je mets ça sur le compte de la fatigue pour essayer de me dédouaner). Cette chanson en effet, nous accueille avec un riff qui donne au mot « groove » toute sa valeur. Un bijou de petit solo introduit un couplet puissant, carré, certainement plus facile à écouter qu’à jouer, ciselé comme un napperon de cette bonne Grand Tante Yvonne de Villy-le-Maréchal (département de l’Aude – 10, préfecture Troyes) avant d’envoyer valser un refrain aux confins des terres sombres du mainstream, de revenir à un nouveau solo de gratte somptueux et de revenir sur le napperon de la Grand Tante. Quand se meurt le deuxième refrain, on perd pied pour sombrer dans un délire terrible à la croisée de Children of Bodom et de Faith no More. Et puis ça part en couilles avec une fin dont je ne me lasse pas ! Imaginez, quand même : un passage ultra speed/presque black, avec Mathieu qui hurle à s’en arracher l’auréole « LOVE IS ALL WE NEED TO SHARE TODAY » (trad. L’amour est tout ce que nous avons besoin de partager aujourd’hui). Le décalage est fantastique ! Bravo les gars ! J’aurais aimé l’écrire moi-même celle là !
Et puis ça s’enchaîne : « Zero Fortune » te renvoie à l’efficacité de « Psycho Thrill » (la première chanson, vous vous souvenez ?) en se permettant l’audace d’aller titiller, le temps d’un break, les plates bandes de King Diamond pour le théâtral, puis d’Amon Amarth pour le côté épique, avant de se frotter, le temps du riff d’outro, aux maîtres du thrash américains de Slayer.
« The Chosen One », ensuite, est le chaînon manquant entre « Sin and Love » (pour le côté « mainstream » du refrain) et « Zero Fortune » pour le tempo speed et saccadé. Un titre accrocheur que j’ai hâte de découvrir en live en tout cas. Disons que je serais vraiment plus heureux d’entendre celui-là que « Never Again » par exemple. Parce que « Never Again », je la trouve presque dispensable. Elle n’est pas mauvaise en soi, mais dans le fond elle ne percute pas autant que les riffs qui la portent pourraient laisser croire.
Au contraire de « You Suffer », qui, en moins de trois minutes, envoie un condensé d’efficacité basique (couplets/refrains) mis en abyme par un petit break qui nous propose un duo de guitare (dont une acoustique) mélancolique à souhait, pas si loin que ça, encore une fois, d’un Amon Amarth, mais avec une voix plus black (aigüe) que death (grave).
On en arrive alors au tiercé gagnant qui clôt cet excellent Psycho Thrill : d’abord « Twisted », celle que Jef appelle son « bébé » puisque c’est la seule qu’il a composée. Et le style de Jef est excellent ! Une intro acoustique toute en douceur (avec voix féminine en arrière plan qui, là encore ne peut que faire penser à « Remember the Silence » du premier opus), puis un couplet tout en rondeur, groovy à souhait, avec en apothéose un refrain dans la lignée d’un « Sin and Love » ou « The Chosen One » (donc du très bon).
« Up in Flames » ensuite, qui écrase tout sur son passage, pas tellement par sa vitesse d’exécution (elle est mid-tempo), mais par ce positionnement très particulier entre Pantera pour le groove et Slayer pour le malsain et dissonant. Un aspect Slayerien très prononcé qu’on retrouve sur « They are my Blood », ultime morceau et ultime tartasse dans ta gueule qui réussit à passer des sonorités thrash à celles plus profondes et majestueuses d’un Rammstein période Reise, Reise, sans que tu ne t’en rendes comptes. C’est magnifique et ça donne l’impression que les Mother & Pearl ont décidé de s’enduire le bout de la bite avec de la vaseline mais APRES t’avoir fait prendre deux tailles de rondelle, histoire de te quitter avec un petit bisou dans le cou. C’est-y pas mignon ?

On en arrive tout naturellement à l’attribution de la note. Exercice difficile qui se trouve à équidistance de l’objectivité (le son, les qualités techniques, les structures des morceaux, l’aspect visuel) et de la subjectivité (l’impact sur l’auditeur, les émotions qu’il ressent). Eh ben ça mérite un gros 9/10. Je n’aurais pas mis 10 de toute façon, parce que la perfection n’est pas de ce monde, mais je ne mets pas non plus 9,5 à cause de « Never Again » qui est, en tout cas à mes yeux (et mes oreilles) quelque peu dispensable. Bref ! Je ne suis ni leur agent, ni commercial, je n’ai aucun intérêt dans leur(s) réussite(s), mais une chose est sûre et certaine : ne pas avoir Psycho Thrill dans sa CDthèque relève de la faute professionnelle, et ce, quel que soit votre style de Metal, pour un peu que vous aimiez les groupes qui en ont dans le slibard.

Avant de terminer, j’aimerais revenir sur le chant un court instant. Mathieu officie dans cet album, comme sur le premier d’ailleurs, en tant que batteur ET chanteur. En live, entre Inner Voice et Psycho Thrill, ils avaient recruté un chanteur, Stef (de After End’s Shock, que je salue très chaleureusement au passage) qui devait enregistrer avec eux. Pour des raisons qui ne regardent qu’eux, ça n’a pas pu se faire et Stef est retourné dans AES exclusivement. M&P a donc décidé, pour les lives, que Mathieu resterait au micro et, par conséquent, ils ont recruté un nouveau batteur. Entre nous, je pense que c’est une très bonne idée au vu des progrès vocaux effectués et j’ai hâte de les retrouver sur scène.

Tracklist :

1/ Psycho Thrill
2/ Renegades
3/ A two sided Man
4/ Remember the Noise
5/ Sin and Love
6/ Zero Fortune
7/ The Chosen Lne
8/ Never again
9/ You suffer
10/ Twisted
11/ Up in Flames
12/ They are my Blood

Site officiel : http://www.mother-and-pearl.com
Facebook : http://www.facebook.com/motherandpearl
Youtube : http://www.youtube.com/channel/UCEv6lx3UYO84V_hVXP-rMww

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