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Mind Whispers – Cosmic Obedience

Le 23 janvier 2014 posté par Lusaimoi

Line-up sur cet Album


  • Louis De Luca : chant
  • Damien Dithurbide : guitare
  • Olivier Simon : guitare
  • Fabien Jibeaux : batterie
  • Firouze : basse

Style:

Death Atmospérique

Date de sortie:

Mai 2013

Label:

This is 4 Us Productions

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi): 8/10


La vie de chroniqueur nous offre de belles choses quand même ! C’est assez dingue le nombre de groupes à côté desquels je serais passé si je n’avais pas fait partie de l’équipe Soil. Surtout que l’on parle d’un genre musical qui ne bénéficie pas d’une grosse publicité dans notre cher pays. Et parmi toutes ces formations, les belles découvertes n’ont pas manqué.
Prenons Mind Whispers. Un groupe dont le nom ne parlera pas à grand monde. Pourtant, il est né en 2003, onze années déjà qui lui ont permis de sortir quatre albums – plus un live. Malgré pas mal de dates en compagnie de groupes assez renommés – Arch Enemy, Gojira, Mercyless, Benighted… –, les Bergeracois semblent encore aujourd’hui avoir un auditoire assez restreint. Mais leur petit dernier, Cosmic Obedience, datant de mai 2013, pourrait leur permettre de changer la donne.
Il y a déjà cet artwork de Stan W. Decker – dont vous avez certainement déjà pu voir quelques unes des créations – devrait attirer pas mal de regards. Une représentation simplement sublime de contraste entre le brûlant et le glacé, entre les profondeurs océaniques et l’infinité spatiale, d’un énorme monstre rappelant le l’effrayant Cthulhu.

Et comme si Decker avait voulu faire son interprétation picturale de cet album, l’illustration correspond tout à fait à sa musique, et ce dès les premières notes de « Number ». Une intro Electro froide et bruitiste à laquelle suit un riff s’approchant d’un Black Metal expérimental tout aussi glacé et effrayant. Mais c’est lorsque la rythmique arrive, que Mind Whispers dévoile son vrai visage, son visage principal en tout cas, en développant une musique s’approchant d’un Death moderne, syncopé et plombant, tout en conservant le riff BM en fond. Puis, à l’arrivée de la voix, chant guttural écorché, c’est quelque chose de plus Thrash/Death qui arrive. Un truc toujours lourd et hypnotique.
Dès ce premier titre, on voit que MW développe une musique complexe, s’affranchissant des styles, mais sans jamais s’éloigner de ce qui fait sa personnalité. Des morceaux plutôt longs et tortueux – 7 titres pour 47 minutes – à l’instar des grands groupes de Death Prog, anéantissant les concepts de refrain et couplets, mais d’une cohérence très forte.
Malgré les structures torturées, labyrinthiques, abyssales, tout le cheminement semble étonnement bien construit et très peu de moments paraissent arriver trop brusquement. Et s’il y en a, c’est que le groupe le veut, comme « Negative Sphere » et sa première phase en forme de ballade Heavy mélancolique qui se voit brisée par un scream déchirant introduisant une partie saturée.
Les passages différents se suivent, se répondent, sans que rien ne semble avoir été pensé au hasard. On a, par exemple, un « Drawnash » dont la deuxième partie nous offre un solo qui aère le morceau, il est suivi d’un plan planant, avant que la musique ne se fasse plombante de plus belle. C’est alors que le solo revient, à nouveau suivi du passage serein.
Cet album joue ainsi beaucoup sur les alternances, les oppositions et les fusions. « Cosmic Obedience » terminant le CD et affichant clairement des influences Opethiennes pré-Still Life, avec un passage acoustique inspiré de ceux des Suédois, marque aussi un retour aux atmosphères Black Metal vues dans « Number ». Mais un BM plus classique, épique, qui se voit interrompu par un solo. Suit alors des alternances entre le côté BM et le solo qui aboutissent enfin à un mélange des deux, toujours bien amené.

Cosmic Obedience n’est pas un album facile à prendre en main. Pourtant, il ne se perd jamais dans de la technique pure. Même les soli, nombreux et variés, sont très bien intégrés aux structures des titres et leur apporte quelque chose. Celui de « Infinity », par exemple, – titre au début un peu bizarre, avec ce duo scream/growl – apparaît comme hypnotique à la fin d’un morceau à la rythmique de plus en plus appuyée et dont le riff de départ nous labourait déjà savamment les oreilles.
En fait, Mind Whispers fait preuve d’une vraie maîtrise instrumentale, mais celle-ci est surtout présente au service d’une ambiance absolument prenante qui semble faire écho à l’artwork du digipack. Un Metal parfois glacial où certains éléments semblent résonner dans l’infinité des astres. Atmosphère soulignée par la production aux petits oignons de Bret Caldas-LimaAyreon, Cynic, Devin… –, qui s’évertue à mettre en valeur chaque instrument. Et en particulier la basse, dont le jeu de présence et d’absence a un réel impact sur l’interprétation de certains passages. J’en prends pour exemple la première partie de « Drawnash » et sa guitare glaciale et acérée que la quatre cordes vient arrondir.

Mind Whispers est un groupe de tous les paradoxes. Jouant beaucoup sur les répétitions, il ne va pourtant jamais dans la redite. D’ailleurs, je pense qu’il faut un bon matos pour déceler toutes les subtilités et les variations qu’il nous offre.
Mais c’est aussi un groupe qui ne donne que de très rares moments d’accalmie. On a bien quelques passages plus sereins sur « Drawnash » ou une intro et outro mélancolique sur « Negative Sphere », mais c’est sur « Cosmic Obedience », dernier titre, qu’apparaît un véritable passage acoustique. S’il reste mélodique, MW nous joue sans cesse joue des riffs plombants sur des rythmiques syncopées. Pourtant, étrangement, il reste constamment lumineux, presque aérien dans son jeu, avec des envolées souvent superbes et grisantes.

Cosmic Obedience est un album mûri sur trois ans – le précédent datant de 2010 –, tentaculaire, ambitieux et complexe, mais indéniablement maîtrisé. Un album de Death moderne et atmosphérique de haute volée aux multiples influences, mais qui reste exigeant. C’est peut-être pour ça que Mind Whispers n’a pas encore eu une vraie exposition jusqu’à aujourd’hui – rappelez vous Aabsinthe –, mais espérons que ce dernier né va corriger tout ça. Parce qu’ils le méritent.

 

Bandcamp: mindwhispersofficial.bandcamp.com

Facebook: www.facebook.com/pages/Mind-Whispers

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