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Horned Almighty – Necro spirituals

Le 8 janvier 2011 posté par Dada metal

Line-up sur cet Album


S : Vocals
Aries : Guitar
Luger : Bass
Harm : Drums

Style:

Black n'roll

Date de sortie:

Octobre 2010

Label:

Candlelight Records

Note du Soilchroniqueur (Dada Metal): 5/10

Nous y sommes. Une nouvelle année, la fin d’une décennie. L’occasion de regarder en arrière, de faire le point avec les évènements passés, et sur sa propre évolution. C’est beaucoup, dix ans. Et si certains, au lendemain de la Saint Sylvestre, se perdent dans des résolutions utopiques et conformistes, d’autres sont beaucoup plus sereins. Ainsi le groupe Horned Almighty a terminé l’année comme il va certainement en entamer une nouvelle : dans une brutalité old school de la meilleure tradition.

Une décennie s’achève. Et quelle décennie ! Celle d’un monde en proie aux catastrophes naturelles qui a vu son bilan s’alourdir. Séismes, inondations en séries, incendies en pagailles ont causé les plus sérieux dommages de ces trente dernières années (Libération du 03/01/11). Nous avons également eu droit, cerise sur le gâteau, à la bipolarisation de la planète, avec d’un coté les “gentils” et de l’autre les “méchants”. Dans ce conflit politico-idéologico-religieux, les plus lourdes pertes sont du côté des civils, des Etats-Unis à la Palestine en passant par Bagdad, ce sont eux qui sont au front. Chose nouvelle ou l’histoire qui se répète ? Cette décennie de la paix se voit couronné par un nobellisé emprisonné. En France, Les Roms sont menacés, Eric Woerth s’entête, les suicides deviennent “à la mode” (pour reprendre les propos d’un célèbre patron) et les bleus voient rouge. Et Eric Woerth s’entête toujours.
La culture aura également pris cher: Chabrol et Rohmer enterrent La Nouvelle Vague. Dio et Peter Steele rejoignent Dimebag Darrel. Pour couronner le tout, nous assistons, médusés, à l’ère du numérique questionnant le rôle des maisons de disques et marginalisant les revenus des artistes.

Certains changent alors de stratégies : revalorisation du support physique, prix de vente personnalisé ou changement de direction musicale. Faire vendeur signifie faire à la mode. Les experts en détection des tendances vous le diront : il est nécessaire de se conformer aux attentes du public. C’est la loi du marché. Pourtant tel un petit village d’irréductibles gaulois, certains continuent d’ignorer les codes en vigueur pour faire de la musique à l’ancienne : avec les tripes. Horned Almighty pratique depuis 2002 un black ravageur teinté de crust et de rock n’roll. Ce n’est pas original pour un sou mais ça fait plaisir. La recette est la même pour ce nouvel album chaleureusement accueilli par un public certainement en manque de choses simples mais efficaces.

Le premier titre est une bonne entrée en matière, rapide et rageur. Les influences sont visibles, Satyricon et Marduk en têtes, mais les danois y mettent tout leur petit coeur sous leurs grands airs de skinhead roulant à la bière. Car oui, Horned Almighty relance le débat de la pilosité et de la chevelure dans la communauté métallique. Bears ou androgynes ? Hommes des cavernes ou Caliméro ? Chevelus ou chauves ? Nos cinq cranes nus ont choisi leur camp. Celui d’une musique matraquant les cervicales et rodée pour les pogos.

Alors, même si des titres comme « Fountain of a thousand plagues » sont assez inutiles, voire même dépourvus de saveurs, des moments de bonheur sont parsemés dans l’album. Par ci par là. Ainsi, « Sworn divine vengeance » est un titre destructeur aux tonalités martiales, qui peut faire penser par moments à Devian. Les titres s’enchaînent dans un album qui a pour principale faiblesse sa trop courte durée de 35 minutes. C’est un peu juste pour créer une ambiance et aménager à l’auditeur des temps de pause.

Même si tout s’enchaîne beaucoup trop vite, Necro Spirituals met du temps à être digéré. « In Jubilation and Disgust » et son riff “mardukien” se termine par exemple sur un solo appréciable après seulement quelques écoutes. D’autres morceaux évoluent sur un mi-tempo pertinent (« Illuminated Void« ) au milieu d’accélérations rock n’roll bien choisies. La monotonie gagne cependant vite du terrain. La faute à des rythmiques punk trop présentes et à des redondances dans les morceaux. En ce sens, « The Blasphemous Burden« , le titre le plus lent et paradoxalement le plus énervé de l’album, donne un peu d’air frais et d’originalité à l’ensemble. Smerte (mais il péfère qu’on l’appelle S.) au micro, prend enfin un vrai risque avec une voix grave cassée qui évolue jusqu’à un chant semi-clair. Tandis que la première partie de l’album est assez répétitive, la dernière sort du lot et laisse un bon goût en bouche à la fin de cette courte demi-heure.

Un bon album mais qui manque encore d’originalité et de personnalité pour que le groupe s’émancipe d’un statut de chauffeur de salles. Mais la mission d’Horned Almighty semble être de simplement donner du plaisir, barbare et primitif. Ces dix ans se terminent comme ils ont commencé. Bonne année à tous.

Myspace: http://www.myspace.com/hornedalmighty

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