Line-up sur cet Album


  • Sly : Guitare lead, chant
  • Brice : Guitare, chœurs
  • Teddy : Basse
  • Romain Rosolen : Batterie

Style:

Thrash Metal

Date de sortie:

01 novembre 2020

Label:

Autoproduction

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 8/10

“Pour créer la femme, Dieu s’est inspiré de la contrebasse : une petite tête sur un long cou, un encombrement maximal, elle ne vibre que lorsque vous lui frottez le ventre, et émet un son qui couvre tout.” Régis Hauser

Pour cette nouvelle chronique, je cherchais une citation sur la bronchite. Autant vous dire que les exemples n’abondaient pas franchement… On a connu plus glamour comme sujet de citation. Je pouvais également faire part de mon expérience de stagiaire infirmier en pneumologie, où je m’occupais volontiers des aspirations bronchiques, des nettoyages de trachéotomies, des prélèvements de glaires pour des examens en laboratoire. Bref, que du bon! Puis, je me suis rabattu, bon gré mal gré, sur les encombrements. Bronchiques de préférences, mais j’ai fini par tomber sur cette magnifique citation de Régis Hauser, pleine de poésie, de grâce et de… Vérité? Nooooooooooon je blague! En vérité, je me devais d’être à la hauteur de cette nouvelle mission impossible que d’écrire une chronique propre et sans bave-ure. Il m’est soudain revenu en mémoire cette intervention superbe de Mme de Merteuil dans les Liaisons Dangereuses (film de Stephen Frears) quand elle parle au vicomte de Valmont lors d’une soirée où se produit un castrat « Allons. Est-ce que l’on applaudit le ténor quand il se racle la gorge? » Eh bien moi, j’espère qu’oui! J’espère que mes nobles et truculents glaviots auront droit à leur cérémonial et leur spectacle à l’Olympia! Parce que je m’apprête à faire la chronique du dernier EP du groupe Encombrement! Voilà, vous savez la raison de mon obstination à trouver une magnifique citation pleine de glaires, de sécrétion verdâtre et de poésie gutturale! En vrai, le groupe s’appelle Crowling, ce n’est que sa traduction française, et c’est un groupe que je connais bien et qui ne fait pas dans le grindcore comme l’on pourrait le penser.

Crowling est un groupe français, quoique d’Avignon donc on n’en est pas sûr (signé : l’Ardéchois). Fondé dans les années 2012, le groupe a sorti un premier EP appelé Sweet Bloody Pie en 2014 et s’est produit pas mal de fois, en première partie de groupes tantôt connus, tantôt moins connus, dans des festivals et principalement dans le Sud de la France, et une expérience non moins palpitante au Luxembourg! Il serait évidemment aisé de dire que de l’eau a coulé sous le pont depuis (oh oh oh), et que Crowling a (enfin!) sorti son deuxième fait d’armes en cette année chaotique de 2020. Huit années d’existence, et seulement deux EPs avec un écart conséquent de six années. Ce n’est pas fou d’énormité, mais il faut savoir que le groupe a connu de très nombreux changements de line up. Pas moins de sept musiciens se sont succédés pour épauler le dernier maître à bord, le commandant suprême de la nef Crowling : Sly, à la guitare lead et au chant. Alors, ces différents changements de line up ne peuvent pas supporter seuls les errances du groupe pour sortir un deuxième CD. On pourrait imaginer aussi que le groupe tenait à proposer un deuxième opus largement travaillé, qu’il a pris son temps pour nous offrir ce When Domination Leads the Submission et qu’il va franchir ce cap tant attendu, tant désiré avant de (enfin!!!) proposer un album. Nous allons le vérifier tout de suite!

Je vais être un peu obligé de comparer les deux EPs pour voir s’il y a eu une vraie évolution dans la vie du groupe. Aussi vais-je avoir un avis un peu circonspect sur l’artwork de When Domination Leads the Submission. Stylistiquement parlant, il est plutôt sympathique avec ce corbeau et son oeil qui scintille, et j’aime beaucoup le fond derrière un peu « bordélique », cela me rappelle quelques designs que j’aime bien. Bizarrement, on retrouve un peu ce concept noir et blanc et quelques éléments rouges notamment sur le logo du groupe chez le dernier Ignis Fatuus (de France) et Under Command of the Leviathan Cross, je suppose donc que ce concept est prédominant dans le style thrash metal, mais peut-être est-ce le fruit du hasard. En elle-même, la pochette est vraiment bien et la personne qui l’a faite peut se targuer d’un bon boulot objectivement parlant. Mais d’une, je préfère celle du premier EP et de loin d’un point de vue stylistique. Et de deux, moi qui suis tatillon sur la symbolique que l’on accorde à des travaux comme des pochettes, je ne vois pas vraiment le lien entre l’idée d’une soumission dirigée par une domination, et le corbeau. Le corbeau, oiseau très cher à mon cœur, n’a jamais été le symbole d’une quelconque domination. Donc je tique un peu sur le choix de mettre un corbeau comme représentation pour cet EP. Je crois qu’en fait, Crowling a voulu surfer un peu sur le cliché tant détourné du corbeau et c’est un peu dommage de faire le constat d’un manque d’originalité. Après, ce n’est que mon opinion, et il vaut ce qu’il vaut. Simplement, en termes d’originalité et de symbolique, je trouve la pochette du premier EP beaucoup plus accrocheuse que celle-ci, qui est tape-à-l’œil, sympathique mais mille fois vue et revue. A méditer pour l’album qui viendra un jour. J’attendrai ainsi un supplément d’originalité.

Par contre, musicalement, Crowling a toujours de la patate! La différence est que le thrash metal proposé ici a quelque chose de résolument en plus. Si le premier EP était parfois un peu mou dans les riffs, l’arrivée du batteur Romain a vraisemblablement ouvert des horizons plus sanglants encore! Les riffs sont effectivement bien plus accrocheurs, bien rythmés avec une alternance de passages à la batteuse qui sont tantôt apaisés, tantôt brutaux, et les mélodies qui sont proposées ici maintiennent ce qui, selon moi, faisait la force de Crowling : la brutalité que l’on entend à toutes les sauces un peu mise en retrait par des mélodies, des soli courageux et une capacité à rythmer intelligemment la musique. Bien que ce constat puisse entrevoir une musique chiadée, n’en démordez pas pour autant : Crowling fait peu dans la fioriture puisque les riffs évoluent peu, laissant une base globale pour chaque morceau et ainsi, ne pas tomber dans l’excès mélodique. Vraiment, cette première écoute d’une traite des cinq morceaux de l’EP se fait harmonieusement, sans pause ni moments de respiration. Et c’est très bon signe! Ajoutons à cela l’envie irrépressible de se mouvoir sur les morceaux avec la frénésie d’un asticot devant un bel étron de dinosaure, et vous avez le ressenti parfait de ce que l’on ressent sur When Domination Leads the Submission : une bombance. Écoute donc très prometteuse pour la suite.

Si je me relance sur un comparatif entre les deux CDs, il y a un énorme point positif avec ce dernier, c’est le son. Pardonnez-moi l’abondance de voyelles qui va suivre mais il est bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen meilleur que le premier, et de loin! Alors, il me semblait avoir compris que Stéphane Buriez en personne s’était déplacé pour produire le son du premier EP. Eh bien force m’est de constater que soit il s’est trompé, ce qui arrive même aux meilleurs, soit il n’avait pas de matière digne de ce nom pour produire Sweet Bloody Pie correctement. Parce que le boulot qui a été fait en studio par Jay du groupe Akiavel est dingue! Franchement, LA, on a un son digne d’un EP. Peu importe que ce soit le deuxième, la production est vraiment très bonne et le son est impeccable en tous points. Les instruments sont bien à leurs places, la batterie a un son plus que correct, le chant est ni trop en avant ni trop en retrait. Il y a eu du gros travail de fait et je suis le premier ravi de cela. Là, j’ai vraiment le sentiment qu’avec une production globale aussi bonne, Crowling va (enfin!!! Troisième épisode) lancer son essor. En tout cas, ce serait mérité. On a droit à un bon thrash metal bien produit, avec une dimension sonore oscillant entre le moderne et l’old school qui frôle l’intelligence ultime. Très gros point d’amélioration qui fait énormément plaisir! Crowling a trouvé son son, et c’est réjouissant. Ce qui est formidable quand on passe d’un EP à un autre, c’est que l’on s’aperçoit que, ce qu’on aimait bien dans le premier cas de figure, était en fait hyper perfectible et que la marge de progression était plus grande qu’il n’y paraissait. En tout cas cela m’a sauté littéralement aux oreilles dans le cas de When Domination Leads the Submission.
Seul légère petite accroche : l’accélération à la double pédale sur le morceau Apotheosis qui sature un peu dans les basses fréquences. Mais c’est très anecdotique.

C’est une sorte de motivation retrouvée qui prévaut comme constat après pas mal d’écoutes. On sent qu’il y a un line up motivé, qui croit en ce projet et cela s’en ressent dans la phase de composition et d’enregistrement des morceaux. Ils ont un truc en plus : la pêche. Et à n’en pas douter, le travail de composition a été en partie motivé par ce nouvel élan, j’en suis convaincu. Sly, ou un autre musicien qui compose, a été porté par une sorte de déclic et ce deuxième EP sent bon l’envie. Je ne suis d’ordinaire pas fanatique de thrash metal, mais ici j’aime beaucoup cet esprit d’équipe, cette énergie qui motive l’auditeur et qui offre une musique intelligemment composée. Le thrash metal de Crowling est en fait un subtil mélange de mélodies et de patate. Je ne parle pas de violence ou de brutalité parce que hormis quelques petits passages où les musiciens se font un petit kiff avec une miette de brutalité, le reste est surtout un metal qui frôle un peu le heavy et qui offre ainsi des soli en pagaille et extrêmement accrocheurs, des parties guitares bien old school sur les riffs principaux. La basse est bien audible et on sent que sa présence est importante parce qu’elle amène un calque avec la reine des futs d’un point de vue rythmique quasiment parfait. Vraiment, j’aime cet EP qui respire la nouveauté et le regain! Beau boulot, vous avez réussi à motiver le capitaine Sly pour aller vers des horizons lointains!

Le talent des musiciens n’a d’égal que ce fameux élan de solidarité et de vitalité. Pour avoir partagé une affiche avec Crowling et avoir vu au moins un autre concert, on sentait que les musiciens d’antan qui accompagnait le Sly (hormis Brice qui était déjà là) n’étaient pas chauds bouillants pour porter Crowling sur scène. De fait, je n’avais pas trouvé la banane que valait vraiment ce groupe d’un point de vue scénique. Pourquoi je dis cela? Tout simplement parce que je suis certain que, vu ce que j’entends derrière mon casque audio ou derrière mon volant, sur scène ça va envoyer sévère! Je trouve donc les musiciens bien en forme, l’arrivée de ce jeune batteur que le groupe a certes un peu tourné en dérision, mais vendue comme une vraie kalachnikov, n’a pas failli aux attentes. J’étais un peu inquiet de la fougue potentielle de Romain, qui était tellement présenté comme une brute dans une soutane, comme un psychopathe de la batterie dans une gueule d’ange, que je m’attendais à trop de brutalité aux futs. Il n’en est rien du tout! La batterie est tellement bien composée que j’en ai été surpris tout du long. Pas d’excès, une batterie foncièrement bien amenée, cela m’a réchauffé le cœur! Pour les cordes, je n’ai pas trouvé de réelle démarcation, elles sont juste très bien exécutées, je trouve juste les soli excellents!

Mais, il y a un mais. J’espère que mon camarade Sly ne m’en voudra pas pour ce que je vais dire mais je trouve que le chant a deux poids deux mesures. Il est meilleur que sur le premier EP, c’est une évidence même, et j’ose croire que l’ami a bien bossé son chant pour aboutir à When Domination Leads the Submission et c’est tant mieux! Mais je reproche un peu la même chose que sur Sweet Bloody Pie, à savoir que les parties chant sont trop identiques. Alors je sais que l’on est sur du thrash metal et que mendier un peu de technique est limite retors. J’en ai conscience. Seulement, il y a faire dans la déconfiture et faire dans la recherche à minima, et je trouve qu’à ce titre, il aurait fallu beaucoup plus varier les parties chant. On tourne vraiment en rond, il n’y a pas toujours cette méga patate qu’il y a dans la musique. Et cela sonne creux. D’autant que les textes – j’y reviendrai après – ont pour vocation d’être scandés, ils sont accrocheurs au possible, alors pourquoi ne pas donner plus d’importance aux refrains par exemple, avec plus de choristes, plus de coffre de la part de Sly? Parce que le souci majeur de cet EP, c’est que l’on adhère difficilement au chant, et cela, quand on sait que le chanteur est surtout le mec que tout le monde va scruter sur scène, nuit beaucoup à l’ensemble. C’est vraiment dommage… J’ai toujours aimé le timbre de voix de Sly, le côté rocailleux est original, il ne fait pas que des émules mais il avait au moins les miennes. Mais il faut varier! Comment? Je ne sais pas exactement… Mais je sais que c’est réalisable.

Et mon dernier petit reproche viendra pour ce que je comprends des textes. N’en ayant pas eu la lecture (j’aurais pu demander ceci dit donc c’est en partie de ma faute), j’ai essayé de me focaliser sur l’intention rythmique de Crowling. Si je suis en capacité d’admettre que rythmiquement parlant, les textes sont dans la bonne trajectoire de la musique, ils souffrent surtout là encore d’un manque de variabilité. Le cocktail couplet/refrain/couplet/refrain, cela marche sur un, deux morceaux. Mais cinq, cela commence à peser un peu. D’autant que les parties refrain ont clairement pour objectif de rassembler le public, de le faire participer, j’en reconnais bien là l’utilité puisque je le pratique moi-même. Néanmoins, il faut plus. J’aurais bien vu, sans tomber dans l’excessif, des refrains à scander plus recherchés que de simples « we are Crowling » par exemple. Cela m’amène donc à penser que la thématique global des textes n’est pas définie, que les textes ont chacun des sujets différents et qu’à ce stade, ils ne sont pas très logiques entre eux et donc, pour finir, très rassembleurs. Un vrai concept album aurait été tellement bien, avec une musique aussi énergisante… Donc des textes, selon moi, à améliorer sans être mauvais toutefois, il faut reconnaitre qu’ils font le job quand-même.

Bon les ami(e)s, on va finir cette chronique sur un point positif certain. Ce deuxième EP pour les avignonnais de Crowling respire bon la bonne pioche thrash metal. Il y a de quoi satisfaire les nostalgiques du premier EP et les auditeurs prêts à découvrir le quatuor de la Cité des Papes puisque le groupe a pris un peu des deux, une moitié « Crowling ancien » et une autre « Crowling nouveau » qui donne une vraie force vitale à When Domination Leads the Submission. C’est un très bon CD, tout n’est pas parfait puisque j’ai évoqué quelques axes possibles d’amélioration notamment sur le chant et sur l’artwork, mais il n’en demeure pas moins que je suis heureux pour le groupe. Heureux qu’il y ait (je croise les doigts) une vraie stabilité dans le line up qui permettrait de porter, grâce à When Domination Leads the Submission, enfin le groupe Crowling là où il mérite d’être : sur des affiches plus nationales et plus importantes. Pour finir, j’aimerais que le mot « ENFIN » soit le maitre mot pour définir Crowling et sa grosse poussée en avant et j’aimerais leur dire : ENFIN un jour un premier album? En tout cas je serai là pour vous accompagner les amis parce que ce deuxième CD est une réussite.

Tracklist :

1. Human Madness
2. Alan Hal
3. Crowling
4. Apotheosis
5. The Collector

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