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Crestfallen Queen – Warrior Queen

Le 25 mai 2019 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


  • H - Basse
  • A - Batterie
  • K/ G – Guitares
  • E - Chant (et claviers)

Style:

Doom occulte, épique à chanteuse (plus de virgule serait nécessaire mais point trop n’en faut..Oups).

Date de sortie:

25 mai 2019

Label:

The Church Within Records

Note du chroniqueur (Gibet) : 8/10

Un ciel noir, quelques étoiles éparses émergent d’un brouillard gris, une bruine épaisse qui laisse cracher quelques gouttes d’une eau terriblement froide. Vous êtes sur une barque, accompagné d’un guide barbu, aux traits marqués par la vieillesse, une sorte de Charon, vêtu de guenille et à la voix rauque. Il s’appuie sur son bateau et vous sentez au sein de vos entrailles comme un nœud, des cordes tressées s’entremêlent dans votre ventre. Puis tout d’un coup, vous franchissez un pont levis, et le marécage laisse apparaître un château, à la pierre grossièrement taillée. A votre gauche, un rassemblement se fait autour d’un feu tellement haut qu’il consume le ciel. C’est votre destination. Rentrez dans le Sabbat, la danse infernale des sorcières, dirigé par la druidesse E, une allemande habillée d’un accoutrement étrange. Elle raconte, d’une voix mystérieuse et, il faut le dire quelque peu possédée l’histoire de guerriers déchus et maudits.
Bienvenue dans l’occulte cérémonie médiévale qu’est Warrior Queen, l’épique premier album de Crestfallen queen, quintet allemand officiant dans un doom épique aux élans Heavy occulte et doom/death, navigant intelligemment entre les barrières des genres afin de servir un propos on ne peut plus cohérent.
Les teutons proposent une musique directement inspirée des messes noires Covenienne, de l’héroïsme médiéval de Candlemass et de l’éclectisme, même s’ils piochent leurs cartes dans un jeu différent, d’un Church par exemple (Light will consume us all est un bijou que vous devez, si ce n’est pas encore fait, ajouter à votre discothèque ! ) .
Loin d’être un patchwork sans âme de ce que le doom occulte à sorcière a déjà su être (Au pif, Jex Toth, The Devil’s Blood, Blood Ceremony, Occultation), Crestfallen Queen propose une fresque aux airs médiévaux délicieuse que je vais essayer de vous décrypter.

Déjà, sachez que vous êtes chez des vrais doomsters, des décrépits torturés, des vrais. Il suffit de voir la dégaine des membres du groupe pour s’en rendre compte. C’est bien simple, ils sont tous de noir vêtu, arborent un bouc et des cheveux grisonnants et posent sur des photos promos dans une abbaye. Clairement, ce n’est pas pour rien s’ils sont signés chez The Church Within Records, label de Lord Vicar, qui réédite du Reverend Bizarre ou du Orchid. Vous y êtes. Alors, comme le rythme de l’album ne s’accélère vraiment jamais et que les mélodies sont lentes, je vous conseille, si vous préférez Metallica à Pentagram, de ne pas écouter cet album. Maintenant que l’épuration a été faite, parlons sérieusement.

Enrobé dans une production résolument old-school et brumeuse, ce premier album marque une légère évolution de ce qu’a pu proposer le groupe sur sa première démo : les morceaux y sont plus courts et évidemment mieux produits. En affinant une formule déjà très efficace (oui, No more let Life divide what death can join together était déjà gage d’une profonde qualité), le groupe perd en noirceur mais gagne en lisibilité et l’ambiance, qui se veut moins noire, moins marécageuse, propose une musique plus sensible, alternant subtilement entre possession morbide et luminosité des folklores moyenâgeux. Ce choix, de proposer une musique moins désolée perdra peut-être ceux qui aimaient le côté plus extrême de la demo… Mais enfin, le parti pris reste des plus réussis à mon sens.

Comme vous l’aurez compris, l’ambiance ‘’Donjonnesque’’ de l’album provient, au-delà de cette
production un peu caverneuse, de l’envoûtement provoqué par la voix mystique de la claviériste/chanteuse sobrement surnommée E. Tantôt narratrice calme et sage, tantôt sorcière possédée au chant saturé black/death, elle retransmet à la perfection les sensations que l’on peut avoir en lisant de la dark fantasy. A la manière d’Eva Rose, la vocaliste de Chrch, cette capacité d’alterner les deux styles de chant donne un relief et une intensité primitive à l’album. Cette capacité à transcender chaque note au service d’une ambiance plus évocatrice suffit à faire en sorte que l’album s’essouffle peu, il est même pour tout vous dire intemporel. Il aurait pu sortir n’importe quand entre 69 et aujourd’hui, il en serait toujours aussi bon.

Parce que, soyons clairs, si la dame a une voix qui se prête parfaitement à ce groupe, elle ne paraît pas particulièrement virtuose, comme aucun musicien du groupe d’ailleurs. En tout cas, à aucun moment, l’album ne tombe dans la technicité démonstrative ou dans la fulgurance mélodique qui cache parfois un manque de cohérence musical (cf. la chronique d’Astral Doors). Non, l’album est d’une homogénéité à toute épreuve, quitte à paraître parfois limité techniquement. Toujours dans cette volonté de proposer une musique on ne peut plus immersive, l’intro (Umbra) est une intro ambiante, tout comme le morceau « Invocation », une interlude bruitiste de 44 secondes qui propose une oppression qui va en crescendo.

Pour parler des compositions de manière plus détaillée, elles empruntent donc beaucoup au doom le plus traditionnel : Rythmiques lentes, mélodies simples et hypnotiques, intro médiévale à la guitare sèche rappelant un l’image que l’on a du luth, chant éthéré et envoûtant… Viennent, comme également s’ajouter des réminiscences doom/death dans le chant notamment. Ensuite, certains passages acoustiques empruntent au hard rock rock psyché folkisant à la Wishbone Ash voire Led Zeppelin. L’intro de « Eurydice’s Lullaby » par exemple, c’est clairement du rock psyché auquel se sont ajoutés des claviers et du violon, clairement. . D’ailleurs, ce morceau est absolument magnifique. Aérien, lumineux et très triste à la fois, quelle réussite ! Idem pour le très très Ashburryien/Wishbone Ashien final de « Ghost Warrior » Et de manière assez paradoxale, s’émane du morceau « Leathen bed » une aura funèbre et le morceau côtoie les mélodies funérales d’un Lycus par exemple (bon, là, pour le coup, c’est moins intense).

Mais si la musique ne se fait jamais grandiloquente, il découle de nombreuses rythmiques un aspect épique absolument, le premier riff de « Queen of Swords » n’aurait pas fait tâche chez Manilla Road tant il sonne va-t’en-guerre, avant que ne survienne ce chant féminin très intense et ce refrain malsain au dernier mot hurlé (« Demooooon »).
Mais l’album sait varier, ce qui laisse à penser que les gars qui composent savent clairement écrire des tubes, des morceaux et que si leur groupe n’avait pas un univers aussi marqué, ils seraient tout à fait capables de pondre des tubes certaines rythmiques casse-nuques, dans « Ghost Warrior », notamment rappelleront sans problème Crypt Sermon, version plus crade et home-made cependant (I CAN HEAAAR THE VOICES, I CAN HEAR THE VOICES OF THE GHOST, THE GHOOOOOST, *se racle la gorge* GHOST WARIOOORS, GHOST WARRIORS : Allez en chœur !). D’ailleurs je trouve que si l’on voulait résumer ce qu’est cet album, ce serait un parfait condensé de Chrch et Crypt Sermon. Il emprunte l’ambiance et la versatilité vocale aux premiers et l’esthétique et la longueur complexe et variée des morceaux au second (pas que Chrch propose des morceaux courts mais Crypt Sermon et Crestfallen Queen adoptent vraiment le même format de morceaux et ont des riffs parfois similaires).

Enfin, que vaut ce Warrior Queen ? C’est un disque de passionné pour passionné, un disque avec une âme, fait par d’excellents artisans. Et si l’album souffre de manques de moments profondément marquant et d’une production un peu aux fraises (il fallait que je place cette expression au moins une fois, je suis navré pour ce langage de chroniqueur moyen), il est malgré tout très appréciable et saura trouver un succès d’estime très mérité auprès des fans du genre.

Tracklist : 

1. Umbra (Instrumental) (2:21)
2. Queen of Swords (8:05)
3. Eurydice’s Lullaby (9:13)
4. Invocation (Instrumental) (0:44)
5. Ghost Warriors (9:29)
6. Leathen Bed (7:44)

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