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Line-up sur cet Album


  • Antoine Bibent : chant
  • Alex Houngbo : guitare, chant (backing)
  • Jérôme Blazquez : guitare, chant clair
  • Sydney Taieb : batterie
  • Simon Chartier : basse

Style:

Death Progressif technique

Date de sortie:

25 mars 2016

Label:

Apathia Records

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi) : 8,5/10


Depuis que je suis tombé dans la musique, j’ai toujours pensé qu’un album, c’est bien plus qu’une somme de pistes qui se suivent. Pour moi, c’est tout un univers que nous offre le groupe ; un univers qui débute dès l’artwork – bien plus qu’une simple pochette publicitaire –, qui se poursuit avec le livret – voire avec l’objet en entier, lorsque celui-ci est bien fait – et qui prend vie avec la musique. C’est pourquoi les albums concepts produisent sur moi cet effet d’attraction.
Voir que tout a été pensé pour former un tout cohérent, raconter une histoire, me donne envie d’y plonger immédiatement et avec attention.

Comme certains groupes plus ambitieux encore, Atlantis Chronicles va plus loin en emmenant ses auditeurs dans les profondeurs océaniques. Et ce, depuis sa première démo, Silent Dephts. Avec ce deuxième full-lenght, les Parisiens se penchent sur une personne particulière, un homme qui a fait beaucoup pour les expéditions subaquatiques, un homme qui a repoussé des limites, un explorateur, un inventeur : Otis Barton.
En découvrant avec attention le (superbe) digipak de Barton’s Odyssey, on voit au premier plan un sous-marin s’approchant d’un géant. Devant ce dieu devenu pierre se trouve la bathysphère, l’invention de Barton déjà présente sur Ten Miles Underwater, à moitié enfouie.
Cette première approche, ainsi que le livret en forme de journal, indiquent que l’album va s’attarder sur les écrits de l’explorateur. Comme si nous étions les hommes du sous-marin essayant de reconstituer le récit de ses aventures à l’aide de l’homme et de ses notes. C’est d’ailleurs lui qui nous accueille. Une voix grave, solennelle.

 

Et lorsque le titre « The Odysseus » démarre réellement, la transition a quelque chose d’étonnant. On passe d’une atmosphère calme, posée, donnant à la fois une impression d’immensité et d’oppression, à une musique d’abord grandiose, puis rapide et violente, avec un chant guttural caverneux, une batterie qui matraque, tout en restant subtile dans les variations. Car Atlantis Chronicles évolue dans un Death Progressif technique, avec un côté Modern Death, en témoigne une guitare rythmique adepte des saccades. Rapidement ce premier titre ainsi que les suivants – malgré des durées plutôt courtes – nous emportent dans des structures variées et aussi complexes que le jeu des musiciens. Les ruptures sont légions, rendant le tout imprévisible (le départ typé Black Metal de « Within the Massive Stream »), avec seulement de rares moments de respiration, comme le break de basse à la fin de « Back to Hadatopia », ou les interventions régulières d’Otis Barton à la fin de certains titres.

Pourtant, absolument rien d’opaque ici. Le tout reste d’une fluidité exemplaire, à l’image d’un « Upwelling Part I » aux transitions particulièrement bien foutues. Atlantis Chronicles ne se veut pas élitiste et met au contraire sa technique au service de la musique et cela grâce à un élément : la guitare lead. Partie centrale du groupe, elle apporte son lot de mélodies dantesques et de soli inspirés. Impossible de n’isoler qu’un morceau, tant tous possèdent leurs envolées apportant un côté épique aux compositions, surtout lorsqu’elles sont soutenues par d’autres éléments.
Ainsi, la batterie vient la souligner sur le début de « Flight of the Mantra » ou lors d’un passage d’ « Otis Barton » notamment. Le chant, imposant et caverneux, devient clair, dans un style Power Metal, sur « Upwelling Part I » et sur le final « A modern Sailor’s Countless Stories » (parfait morceau de fin d’album, héroïque à souhait).
Enfin, les jeux entre la guitare rythmique massive (« Otis Barton », la dernière partie de « Flight of the Mantra », où l’on peut deviner la présence d’Atlas, le géant de l’artwork) ou agressive (« 50°S 100°W », « Upwelling Part II », « I, Atlas ») et la lead plus mélodique accentuent le contraste qu’elles créent. Elles se répondent, s’affrontent, se portent l’une l’autre pour des résultats toujours plus impressionnants.
Pourtant, malgré ce qu’on peut penser à la lecture des paragraphes précédents, aucun instrument ne sert de simple faire-valoir, tous ont leur importance pour un équilibre dur à tenir, et pourtant bien présent.

 

Dans un premier temps, on se dit qu’on se serait attendu à autre chose, une musique plus aquatique, plus lourde, plus sourde, à l’image de l’idée qu’on se fait des abysses. Et puis on se dit que l’océan n’a rien de cette étendue sereine que nous ont rapporté certains poètes. Il est dangereux. Son immensité peut nous perdre, ses courants peuvent nous emporter au fond et nous noyer, ses monstres peuvent nous dévorer.
Le Death d’Atlantis Chronicles est à cette image. Fougueux, complexe, et virtuose. Il repose sur une technique impressionnante, mais ne se contente pas de cela. Au lieu d’en faire un élément impressionnant mais stérile, il l’utilise pour nous offrir un voyage en compagnie d’Otis Barton. Un périple homérique en dix morceaux d’une richesse que cette chronique ne peut qu’effleurer.

Tracklist:
1 The Odysseus
2 Otis Barton
3 Back To Hadatopia
4 Within The Massive Stream
5 Upwelling – Part I
6 Upwelling – Part II
7 Flight Of The Manta
8 I, Atlas
9 50°S 100°W
10 A Modern Sailor’s Countless Stories

Facebook : www.facebook.com/atlantischronicles
Bandcamp : atlantischronicles.bandcamp.com

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1 Commentaire sur “Atlantis Chronicles – Barton’s Odyssey”

  1. pingback pingback:
    Posté: 22nd Sep 2016 vers 21 h 18 min
    1
    Motocultor Festival 2016 : jour 2 (20/08/2016) | Soil Chronicles

    […] Atlantis Chronicles (Modern Death) > 12h45-13h25, Dave Mustage : Le placement d’un groupe de ce genre a été bien pensé pour ouvrir une journée de festivités. Un groupe français qui envoie du lourd et communique avec le public, c’est bien mieux qu’un groupe de Doom du fin f(i)ond de la Sibérie sans aucun contact avec les spectateurs. Ce qui réveille, un peu trop en fait, c’est le son de caisse claire méga agressif qui claque les tympans et donne envie de se barrer fissa pour éviter la céphalée. La finesse de leur musique passe également à la trappe pour cause de mauvaise balance, donnant très vite l’impression de démonstration technique non musicale, avec une guitare lead trop en avant et une rythmique trop en retrait (j’ai cru comprendre que les gratteux, pour une raison que j’ignore, avaient inversé leur rôle respectif dans les morceaux). Le chanteur, fringué en metalcoreux et avec des attitudes et poses sans aucune personnalité par rapport au genre, fait toute l’animation et screame sans réellement articuler, ce qui fait qu’avec le son brouillon, il pourrait déblatérer sa liste de courses que ce serait pareil ! Malgré tout, c’est carré, les transitions se font sur fond de bandes et samples, très peu de lumières sur scène, à part une couleur bleu indigo qui matche avec les teintes abyssales de leur dernier opus, Barton’s Odyssey, que je vais me réécouter de ce pas tant leur presta live était sans réelle saveur. On vous laisse découvrir leur musique à travers la chronique de leur dernier album « Barton’s Odyssey » sorti cette année et qui constitue une bonne partie de la stelist : http://www.soilchronicles.fr/chroniques/atlantis-chronicles-bartons-odyssey […]

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