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A Swarm of the Sun – The Woods

Le 22 janvier 2019 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Jakob Berglund - Vocals
  • Erik Nilsson - Guitars and piano
  • Anders Carlström - Bass
  • Karl Daniel Lidén - Drums
  • Minna Heimo - Pipe organ
  • Samuel Lundström – Viola

Style:

Post Rock/Post Metal

Date de sortie:

11 Janvier 2019

Label:

Version Studio Records

Note du Soilchroniqueur (Gibet) : 8.5/10

La France est un vaste pays, riche en paysage. J’ai le souvenir tout à fait particulier d’une colline au sud de Carcassonne qui surplombe la région dite « du Lauragais ». Régulièrement, on y vient camper avec des amis et pour peu que la météo soit clémente, on observe la vallée en contrebas avec une bière et un peu de musique avant de discuter pendant des heures qui nous paraissent bien trop courtes de nos souvenirs et, régulièrement, une brise vient caresser nos joues alors que la nuit est tombée. Ce moment-là, cette froide caresse qui réveille votre peau endormie dans ce panorama noir et gris, vous le retrouvez dans le dernier album d’A Swarm of the Sun : The Woods.

Pour ceux qui n’auraient aucune idée de ce qu’est ce groupe, un court rappel s’impose : A Swarm of the Sun est un duo suédois dans lequel officient deux têtes pensantes, Erik Nilsson et Jakob Berglund. Le groupe en est à son quatrième essai, ayant déjà gratifié son public d’un EP et deux albums, tout trois accueillis par d’encourageants retours. Zenith et The Drifts, les deux albums précédents, proposaient déjà un puissant Post Metal à la fois éthéré et dense mais qui manquait un peu d’homogénéité et de mesure. C’est-à-dire que les motifs sonores déchirants et contemplatifs étaient quelques peu convenus et Zenith ou The Drifts souffraient de ce manque clair d’identité. Les idées étaient bonnes, la musique très belle mais elle se démarquait trop peu de tous ces groupes qui sonnent comme des worships plus ou moins réussis de Cult of Luna.

Mais, autant le dire tout de suite, cet album surclasse le reste de la discographie du groupe, qui, ne vous méprenez pas, n’est pas mauvaise, loin de là. Car The Woods est un album qui transcende là où Zenith n’était qu’un fond sonore agréable pour travailler. Composé de trois morceaux longs de treize minutes, ce skeud est rempli d’une nostalgie, d’un spleen qu’il est de plus en plus rare de trouver dans cette scène-là, tant les groupes se multiplient. Oui, une musique qui mise autant sur l’accord viole (oui, oui, de la viole !)/claviers (pianos ou orgues) que sur le riff a tout pour sonner très vite cliché mais il se dégage de ces trois morceaux une sincérité brûlante, transmise par une musique évolutive qui se densifie tout au long de l’album, sans faux pas, sans surenchère gratuite. Le jeu de cet album était de réussir à ne pas tomber dans la grandiloquence dégoulinante et le résultat est probant : les deux Suédois proposent une musique d’ambiance toujours bien sentie. Le premier morceau, « Blackout », ouvre par exemple l’album par un piano aussi triste que sublime, sublime au sens où il en dit peu mais signifie beaucoup. A celui-ci viennent s’ajouter viole et percussions et tout de suite l’album prend une tournure qu’il ne quittera plus, le ritualisme.
Indéniablement, cette musique est être une musique de deuil (idée sûrement ramenée par le fait qu’on associe nécessairement orgue/piano à ce passage-là de la vie). J’entends par là qu’elle propose un contraste saisissant entre la tristesse profonde qui traverse l’album et la lumière qui s’en dégage finalement tant la musique semble naturelle, organique et donc rassurante. Complétement instrumental, « Blackout » décolle assez peu du sol et pourrait être un morceau de Cult of Luna en moins lourd, en plus contemplatif encore peut-être.

« The Woods » s’ouvre, lui, sur un orgue lointain auquel vient s’ajouter un riff splendide et d’une solennité à couper le souffle, ainsi qu’une voix claire tout en distance et en retenue, assez proche de celle qu’on pourrait retrouver chez The black Heart Rebellion, avec qui le groupe partage l’aspect ritualiste par moments. On retrouve dans cette sobriété vocale l’idée de Less is more. Et pour cause, elle ne dit que l’essentiel car l’album est presque entièrement instrumental et si le choix rend l’album cohérent et plus mélancolique, certains, dont moi, auraient préféré peut -être plus entendre la voix de Jakob Berglund. Comme « Blackout », le morceau se conclue sur quelques minutes Cult of luniennes durant lesquelles les percussions se transforment en batterie traditionnelle et les ambiances funèbres se mettent en mouvement pour proposer un Post Rock dense, terre à terre et divinement émotionnel. On a, je le jure, l’impression, que tout au long du morceau, le sujet évolue : d’abord on survole un cortège funéraire avant de s’immiscer dans l’esprit de ceux qui le compose ; c’est en cela que je considérais la musique des Suédois comme évolutive.

Vient enfin le troisième morceau et, à mon sens, la pièce maîtresse de l’œuvre. « An Heir to the Throne » est un morceau magnifique, celui qui rend l’album si beau. Il n’y pas cent mille choses à raconter sur ce morceau de plus que sur le reste de l’album mais il est d’une solennité rare, là encore. La fragilité du chant clair le rend déchirant et, musicalement, l’album prend une dimension supplémentaire : Il devient sensible, pas seulement beau ou poignant, il devient intime.

Si je devais conclure cette chronique ici, ce que je vais faire d’ailleurs, je dirais que The Woods est un album à la croisée entre la fragilité de The black Heart Rebellion, la nostalgie de Katatonia et le déchirement de Cult of Luna. Cette idée, renforcée par les rythmes funèbres des percussions, de la viole et la lourdeur des guitares vient clouer le bec d’un auditeur, qui risque de sortir de l’écoute chamboulé tant il aura traîné ses guêtres dans des terres immuables, au milieu d’esprits. Alors, évidemment, tenez vous éloigné de cet album si vous n’aimez pas la musique immersive, si vous cherchez du riff à gogo ou de la crasse sursaturée. A Swarm of the Sun fait une musique belle, sans agressivité, sans extrême, et c’est justement dans sa mesure qu’elle en dit le plus. Vous avez affaire à une sorte de condensé d’images et de sensations qui fait de cet album une œuvre à l’émotion palpable car tout n’est que contemplation ici.

Tracklist :

1. Blackout
2. The Woods
3. An Heir to the Throne

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