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As it is – The great Depression

Le 6 octobre 2018 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


• Patty Walters : Chant, Guitare acoustique
• Benjamin Langford-Biss : Guitare, chant
• Alistair Testo : Basse, Backing vocals
• Patrick Foley : Batterie

Style:

Rockaminettes

Date de sortie:

10 Aout 2018

Label:

Spinefarm Records/Fearless Records

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 7.5/10

« C’est comme çaaaa-ah la la la laaaa » chantait Catherine Ringer ; j’y ajouterais « na na nère » pour disserter sur As it is et son nouvel et troisième album, The great Depression, paru chez Spinefarm.

Pourquoi ce pied-de-nez enfantin ? Parce que c’est à peu près le public visé et sa frange d’âge, pour les gamines entre le CM1 et la Seconde, pas au-delà (et d’ailleurs aucune plus âgée n’osera avouer qu’elle en écoute sans piquer le fard d’une honte digne des complexes qu’elle tente vainement de dissimuler). A l’écoute, même pas besoin d’image ou de photo : on se dit directement que ses interprètes sont dotés d’une glabreté équivalente à celle des membres d’un boys band de K-Pop affiché en 4 par 3 sur un mur de jeunes filles en fleurs.

Pour situer musicalement, on se trouve entre Fall out Boy et Breaking Benjamin, et hélas du One Direction sans la flagrance des plagiats. [« Quoi ? Il connait suffisamment One Direction pour nous l’évoquer en temps que comparaison ??? » Oui, j’applique l’adage de Sun Tsu dans L’art de la guerre : « connais ton ennemi. »] Bien évidemment, les morceaux sont formatés, calibrés comme des tubes – on est chez Spinefarm, faut pas déconner non plus – tant dans le niveau de difficulté technique proche du mode « easy » sur Rockband [« Quoi ? Il connait suffisamment Rockband pour … » voir un peu au-dessus pour la suite de cette redondance] avec même des insertions de faux chœurs comme pour un effet de live, entrainant donc. Sous l’argument des quatre (???) étapes du deuil (euh… WTF ???) pour autant de triptyques, les textes quant à eux pourraient se résumer caricaturalement et avec beaucoup de raccourcis en « elle m’a quitté, ma vie c’est de la merde mais les garçons ça ne pleure pas » (donc déjà plus complexes et cohérents que ceux de Maitre Gim’s), d’une mièvrerie émo aisément digne de figurer dans le générique d’une série type Dawson’s Creek – camarade trentenaire-quarantenaire, bonne lecture de cette chronique à toi – voire Hunger Games ou Twilight [« Quoi ? Il connait suffisamment Twilight… » Bref, relisez ci-dessus la raison invoquée] faite par des « mecs virils » et en pleine crise d’ado, rebelles torse-poil – si je puis dire, mwarf – qui osent faire l’affront au politiquement correct d’utiliser des mots outranciers et ultra grossiers dès le premier morceau éponyme de l’album tels que « fuck » ou « shit » – how shocking, isn’t it ? Ça frôle le logo « Parental Advisory : explicit lyrics », non ? Un bel étalage d’états d’âme, Eric – Eric étant un personnage fictif pour cette chronique, bien sur, et dont l’existence potentielle n’est nécessaire qu’à satisfaire mon désir ardent de faire ce calembour facile –, par ce quatuor anglo-étasunien sur lesquels Patty Walters, chanteur au timbre dans le vent, nasillard et agaçant en l’état, fait des râles (oui, j’assume aussi ce second calembour facile).

Subjectivement, voila le constat et le but : séduire de la gosse post-pubère. Objectivement, je peux vous dire que ça pourrait faire parti de mes petits plaisirs coupables – je parle de ce genre d’albums, pas des gamines (Émile Louis, sors de ce corps… *ploup !*). Parce que, pour faire référence à Blanche Gardin et son spectacle, oui, c’est « de la merde », et pourtant on continue de la savourer sciemment avec le prétexte du « je veux savoir »… D’ailleurs, qui d’entre nous n’apprécie pas quelques escapades musicales embarrassantes occasionnellement, en se cachant limite pour écouter des chansons toutes moisies mais qu’on a surkiffé durant notre adolescence et qu’on renie aujourd’hui par un « non, même pas vrai d’abord ! » ? Hypocrite lecteur, mon frère, mon semblable (cf. la préface des Fleurs du Mal de Baudelaire), n’as-tu point, toi non plus, cette playlist pourrave sur ton Spotify ou ton Deezer, ces vieux CDs/cassettes/vinyles que tu planques loin du regard de l’infamie ou cette collec’ de trucs encombrants et inutiles mais que tu conserves précieusement comme une madeleine périmée et proustienne ?

Tout ça pour dire que si l’enjeu est éminemment commercial – pourquoi se mentir, on vit dans un système mercantile –, on peut malgré tout faire des choses simples et bien (ce qui est généralement mieux que compliqué et mal, demandez à vos conjoints respectifs, parce que je ne peux pas être partout). Pour exemple : si la technicité et les enchainements harmoniques sont loin d’être le souci d’originalité principal du groupe, les arrangements cachant des subtilités subliminales comme un célesta magique et des harmonisations de chœur, aussi attrayants que le joueur de flûte de Hamelin et ses mélodies envoutantes pour enfermer les enfants dans une caverne, agrémentent cet opus varié (car aucun morceau, si dans le même esprit, ne ressemble au précédent ou au suivant), allant même chercher quelques subtilités dans les syncopes (le morceau « The Reaper » en étant le meilleur exemple).

Autant dire que cet album plutôt teinté Pop Rock de niqueur de plages – traduisez « beachfucker » ou « séance de beachage » – fera grincer les crocs des TRVE qui cependant, s’ils y jettent une oreille, se laisseront malgré tout happer par l’efficacité et fredonneront même les refrains sous le regard réprobateur de leurs passagers pendant le trajet direction un fest’ X ou Y de Metal extrême.

A écouter entre sept et dix-sept ans, le temps d’une maladie d’amour… Une MST de vacances (une histoire sans lendemain).

Tracklist :

1. The Great Depression (3:34)
2. The Wounded World (3:10)
3. The Fire, the Dark (3:28)
4. The Stigma (Boys Don’t Cry) (3:02)
5. The handwritten Letter (3:31)
6. The Question, the Answer (3:50)
7. The Reaper (ft. Aaron Gillespie) (3:55)
8. The two Tongues (Screaming Salvation) (3:58)
9. The Truth I’ll never tell (4:01)
10. The Haunting (3:09)
11. The Hurt, the Hope (4:12)
12. The End (4:09)

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