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Abstracter – Tomb of Feathers

Le 30 septembre 2012 posté par SoilAdmin

Line-up sur cet Album


Ben - Batterie
Jose - Basse
Robin - Guitare
Mattia – Voix

Style:

Sludge/doom/psyché/etc…

Date de sortie:

18 septembre 2012

Label:

The Path Less Traveled Records

Note du Soilchroniqueur (Tremens) : 8/10

Le premier album d’un groupe dont l’Histoire saura se souvenir est souvent insufflé d’une aura particulière. Rarement le meilleur de la discographie, il est un joyau brut que les albums subséquents aident à façonner, polir, transformer. En rétrospective, on réécoute parfois ces premiers essais avec plaisir, entendant en eux les balbutiements d’une intention artistique qui s’est peaufinée par la suite, un cri viscéral débordant de sincérité que les efforts ultérieurs ont étouffé, ou encore une maladroite tentative imputable à l’inexpérience et à la quête de réelle vision musicale. Quoiqu’il en soit, la magie du premier album existe bel et bien, et sachant cela, il est absolument excitant de tomber sur un album de la trempe de « Tomb of Feathers » d’Abstracter, délicieux et imparfait, alors que la carrière du groupe n’existe pas encore.

Dans l’improbable éventualité où on tombe sur la seule interview [1] du groupe d’Oakland donnée au moment d’écrire ces lignes avant de l’entendre, on jurerait par le propos nihiliste, voire misanthrope, du chanteur que nous avons affaire à une formation de black metal. Que nenni ; « Tomb of Feathers » est constitué de trois longs morceaux allant puiser à la source du sludge, du doom et du psychédélique, à parts inégales et non exhaustives d’ailleurs. Loin d’être un fourre-tout, il est au contraire fluide, cohérent, et d’une unité de ton indéniable. Moins glauque et désespéré peut-être que les membres ne le souhaiteraient (« Cet album est dédié à quiconque a souffert de, et/ou a dû faire face à la maladie mentale et au sentiment d’abandon » [2] ), « Tomb of Feathers » n’en reste pas moins intense et poignant.

La ligne rythmique est redoutablement efficace (on apprend d’ailleurs dans l’entrevue précitée que le bassiste est le seul « vrai » musicien du groupe, touché par la grâce de l’oreille absolue) et mène chaque titre de manière magistrale sans aucune démonstration de virtuosité. Du feeling à l’état pur donc, qui entraine dans son mouvement le meilleur de ce que la guitare peut contribuer en termes de lourdeur, d’appui rythmique, de mélodie et même de quelques soli déchirants. N’oublions pas la voix très expressive de Mattia, à qui l’on doit d’ailleurs la magnifique pochette de l’album, qui oscille entre un hurlement death/sludge et une voix claire incantatoire, presque pagan, qui marque d’ailleurs certains des nombreux moments phares de « Tomb of Feathers ».

On pourra reprocher au dernier titre, « Ash », de trainer quelque peu en longueur sa lourde masse doom (16:48), ce qui en dilue malheureusement l’impact au final. L’unité du propos du disque est d’autre part une force et une faiblesse. En effet, Abstracter réussit d’un côté à rester focalisé sur son ambiance tout en l’infusant d’un dynamisme franchement agréable, mais de l’autre, on a tendance à confondre les titres entre eux, ce qui leur enlève nécessairement leur identité. On se souviendra donc surtout de « Tomb of Feathers » l’album, plutôt que de ses composantes individuelles.

Enregistré analogiquement avec des instruments bas de gamme comme revendication [3], on apprécie la pureté du résultat qui laisse respirer chaque instrument à sa juste valeur sans jamais faire crisper les sens. Remercions en cela l’ingénieur de son Josh Garcia (Melvins, Depeche Mode), Greg Wilkinson pour le mix aux Hearhammer Studios et James Plotkin (Isis, Sunn O))) ) pour le mastering.

Le plaisir de découvrir dès le premier effort un groupe obscur qui a le potentiel de marquer les esprits est indiscutable. On sent que les gars d’Abstracter ont le potentiel d’aller très loin, voire même d’aller jouer un jour ou l’autre dans la cour des grands que sont Isis ou Neurosis. C’est du moins tout le bien qu’on leur souhaite. Mais chaque chose en son temps ; pour l’heure, profitons de l’arrivée inévitable de la saison fraîche pour se délecter de ce doux nectar noir, tout en rêvant à ce qu’ils nous réservent pour la suite.

 

[1] http://bringerofdeathzine.blogspot.fr/2012/09/abstracter-interview.html

[2] http://abstracter.bandcamp.com/album/tomb-of-feathers

[3] Op. cit., entrevue bringerofdeathzine

 

Titres :

1. Walls that Breathe
2. To Vomit Crows
3. Ash

https://www.facebook.com/ABSTRACTER
http://abstracter.bandcamp.com/

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2 commentaires sur “Abstracter – Tomb of Feathers”

  1. 1

    A noter que les notes de bas de pages ne sont pas apparues, de là les chiffres entre crochets au milieu des phrases qui semblent venir de l’espace 🙂

  2. 2

    c’est réparé !!

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